{"id":70,"date":"2023-08-02T15:45:22","date_gmt":"2023-08-02T13:45:22","guid":{"rendered":"https:\/\/orvimed.local\/blog\/?p=70"},"modified":"2026-04-24T11:38:14","modified_gmt":"2026-04-24T09:38:14","slug":"la-depression-chez-les-personnes-agees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/la-depression-chez-les-personnes-agees\/","title":{"rendered":"La d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Comprendre, reconna\u00eetre et agir<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pression est souvent d\u00e9crite comme le \u00ab mal du si\u00e8cle \u00bb. Pourtant, lorsqu&rsquo;elle touche les personnes \u00e2g\u00e9es, elle reste trop souvent invisible, banalis\u00e9e ou confondue avec le simple vieillissement. Ce trouble psychiatrique grave affecte pourtant entre 15 % et 25 % des personnes de plus de 65 ans, et jusqu&rsquo;\u00e0 40 % des r\u00e9sidents en \u00e9tablissements d&rsquo;h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9pendantes (EHPAD).<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue tenace, la tristesse n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge. La d\u00e9pression est une maladie \u00e0 part enti\u00e8re, qui se traite, et dont on peut se remettre. Encore faut-il savoir la reconna\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0La d\u00e9pression chez la personne \u00e2g\u00e9e n&rsquo;est pas une cons\u00e9quence normale du vieillissement. C&rsquo;est une maladie qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre prise en charge au m\u00eame titre que toute autre pathologie.\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. Qu&rsquo;est-ce que la d\u00e9pression ? Rappel fondamental<\/h2>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pression, ou \u00e9pisode d\u00e9pressif caract\u00e9ris\u00e9, est un trouble de l&rsquo;humeur qui se manifeste par une tristesse persistante, une perte d&rsquo;int\u00e9r\u00eat ou de plaisir pour les activit\u00e9s quotidiennes, et une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes physiques et cognitifs associ\u00e9s. Pour qu&rsquo;un diagnostic soit pos\u00e9, ces sympt\u00f4mes doivent durer au minimum deux semaines et alt\u00e9rer significativement le fonctionnement de la personne.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les personnes \u00e2g\u00e9es, le tableau clinique peut diff\u00e9rer de celui observ\u00e9 chez l&rsquo;adulte jeune. La tristesse exprim\u00e9e est parfois moins marqu\u00e9e. En revanche, on retrouve fr\u00e9quemment :<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Des plaintes somatiques : fatigue intense, douleurs diffuses, troubles du sommeil, perte d&rsquo;app\u00e9tit et amaigrissement<\/li>\n\n\n\n<li>Une irritabilit\u00e9 ou une anxi\u00e9t\u00e9 pr\u00e9dominante<\/li>\n\n\n\n<li>Un ralentissement psychomoteur : les gestes se font plus lents, la parole se rar\u00e9fie<\/li>\n\n\n\n<li>Des troubles de la m\u00e9moire et de la concentration, parfois confondus \u00e0 tort avec un d\u00e9but de d\u00e9mence<\/li>\n\n\n\n<li>Un sentiment d&rsquo;inutilit\u00e9, de culpabilit\u00e9, ou la conviction d&rsquo;\u00eatre un \u00ab poids \u00bb pour les proches<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ces manifestations atypiques expliquent en partie pourquoi la d\u00e9pression est si souvent sous-diagnostiqu\u00e9e dans cette tranche d&rsquo;\u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">2. Les causes : pourquoi les personnes \u00e2g\u00e9es sont-elles particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables ?<\/h1>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pression r\u00e9sulte rarement d&rsquo;une cause unique. C&rsquo;est l&rsquo;interaction de plusieurs facteurs \u2014 biologiques, psychologiques et sociaux \u2014 qui fragilise la personne et favorise l&rsquo;\u00e9mergence du trouble.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les pertes accumul\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p>Le vieillissement s&rsquo;accompagne in\u00e9vitablement d&rsquo;une s\u00e9rie de pertes, souvent rapproch\u00e9es dans le temps. Le deuil d&rsquo;un conjoint, d&rsquo;un ami de longue date, ou d&rsquo;un fr\u00e8re ou d&rsquo;une s\u0153ur constitue un facteur de risque majeur. Ces deuils r\u00e9p\u00e9t\u00e9s peuvent \u00e9puiser les ressources psychiques de l&rsquo;individu, jusqu&rsquo;\u00e0 rendre le chagrin pathologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des pertes humaines, les personnes \u00e2g\u00e9es font face \u00e0 d&rsquo;autres formes de deuil : celui de leur activit\u00e9 professionnelle apr\u00e8s la retraite, celui de leur mobilit\u00e9 ou de leur autonomie suite \u00e0 une maladie, ou encore celui de leur logement lors d&rsquo;un placement en institution.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;isolement social<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;isolement est l&rsquo;un des facteurs de risque les plus puissants de la d\u00e9pression \u00e0 tout \u00e2ge \u2014 mais il est particuli\u00e8rement fr\u00e9quent chez les personnes \u00e2g\u00e9es. En France, on estime que pr\u00e8s d&rsquo;un million de personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 75 ans sont en situation d&rsquo;isolement s\u00e9v\u00e8re, ne rencontrant quasiment aucun contact humain d&rsquo;une semaine \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p>La perte du permis de conduire, les difficult\u00e9s de d\u00e9placement, l&rsquo;\u00e9loignement g\u00e9ographique de la famille, ou encore la disparition progressive du r\u00e9seau social contribuent \u00e0 cet isolement progressif qui ronge silencieusement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les maladies chroniques et la douleur<\/h2>\n\n\n\n<p>Il existe un lien bidirectionnel bien document\u00e9 entre d\u00e9pression et maladies somatiques. Certaines pathologies chroniques comme les maladies cardiovasculaires, le diab\u00e8te, les cancers, les affections neurologiques (maladie de Parkinson, accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux) ou encore les douleurs chroniques sont associ\u00e9es \u00e0 une pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e de d\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<p>La douleur chronique, en particulier, alt\u00e8re profond\u00e9ment la qualit\u00e9 de vie, perturbe le sommeil, restreint les activit\u00e9s et g\u00e9n\u00e8re un sentiment d&rsquo;impuissance tr\u00e8s d\u00e9l\u00e9t\u00e8re sur le plan psychologique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les facteurs biologiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Le vieillissement s&rsquo;accompagne de modifications neurobiologiques qui peuvent favoriser la d\u00e9pression. On observe notamment une diminution de la production de certains neurotransmetteurs impliqu\u00e9s dans la r\u00e9gulation de l&rsquo;humeur, comme la s\u00e9rotonine et la dopamine. Les changements hormonaux, les carences nutritionnelles (notamment en vitamine D, en vitamine B12 et en folates) et certains m\u00e9dicaments peuvent \u00e9galement jouer un r\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de noter que certains traitements couramment prescrits chez les personnes \u00e2g\u00e9es \u2014 m\u00e9dicaments antihypertenseurs, cortico\u00efdes, benzodiaz\u00e9pines \u2014 peuvent induire ou aggraver un \u00e9tat d\u00e9pressif.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le sentiment de perte de sens<\/h2>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des causes biom\u00e9dicales, la dimension existentielle ne doit pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9e. La confrontation \u00e0 sa propre finitude, la remise en question de sa place dans la soci\u00e9t\u00e9, le sentiment de ne plus \u00eatre utile ou reconnu : ces questionnements peuvent profond\u00e9ment d\u00e9stabiliser un individu et l&rsquo;ouvrir \u00e0 la d\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">3. Les cons\u00e9quences : un trouble aux effets multidimensionnels<\/h1>\n\n\n\n<p>Laisser une d\u00e9pression sans traitement chez une personne \u00e2g\u00e9e n&rsquo;est pas sans danger. Les cons\u00e9quences peuvent \u00eatre graves, multiples et s&rsquo;entretenir mutuellement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9t\u00e9rioration de l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 physique<\/h3>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pression n&rsquo;est pas \u00ab que dans la t\u00eate \u00bb. Elle a des r\u00e9percussions concr\u00e8tes sur le corps. Elle affaiblit le syst\u00e8me immunitaire, aggrave l&rsquo;\u00e9volution des maladies chroniques et augmente le risque de complications cardiovasculaires. Les personnes d\u00e9prim\u00e9es ont tendance \u00e0 n\u00e9gliger leur alimentation, leur hygi\u00e8ne et leur suivi m\u00e9dical, ce qui acc\u00e9l\u00e8re le d\u00e9clin fonctionnel.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9clin cognitif<\/h3>\n\n\n\n<p>Un lien \u00e9troit existe entre d\u00e9pression et d\u00e9mence. Si les m\u00e9canismes pr\u00e9cis restent encore d\u00e9battus, il est \u00e9tabli que la d\u00e9pression non trait\u00e9e repr\u00e9sente un facteur de risque pour le d\u00e9veloppement de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Par ailleurs, les sympt\u00f4mes cognitifs de la d\u00e9pression \u2014 difficult\u00e9s de concentration, ralentissement de la pens\u00e9e, troubles de la m\u00e9moire \u2014 peuvent mimer une d\u00e9mence d\u00e9butante, ce que les m\u00e9decins appellent la \u00ab pseudod\u00e9mence d\u00e9pressive \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Risque de chutes et de perte d&rsquo;autonomie<\/h3>\n\n\n\n<p>Le ralentissement psychomoteur et la fatigue associ\u00e9s \u00e0 la d\u00e9pression augmentent le risque de chutes, qui constituent une cause majeure de morbidit\u00e9 chez les personnes \u00e2g\u00e9es. La perte de motivation entra\u00eene \u00e9galement une r\u00e9duction des activit\u00e9s physiques, acc\u00e9l\u00e9rant la fonte musculaire (sarcop\u00e9nie) et la d\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Risque suicidaire<\/h3>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est un sujet souvent tabou, mais il doit \u00eatre abord\u00e9 clairement : les personnes \u00e2g\u00e9es pr\u00e9sentent un risque suicidaire \u00e9lev\u00e9, et les tentatives de suicide chez cette population sont plus souvent fatales que chez les jeunes adultes, notamment en raison d&rsquo;une plus grande d\u00e9termination et d&rsquo;une fragilit\u00e9 physique plus importante.<\/p>\n\n\n\n<p>En France, les hommes de plus de 75 ans constituent le groupe d\u00e9mographique le plus \u00e0 risque de suicide. Or, contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, beaucoup de personnes \u00e2g\u00e9es expriment clairement leur intention avant de passer \u00e0 l&rsquo;acte \u2014 \u00e0 condition que l&rsquo;entourage et les professionnels de sant\u00e9 soient \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Toute \u00e9vocation de la mort, tout d\u00e9sir exprim\u00e9 d&rsquo;en finir, m\u00eame formul\u00e9 de mani\u00e8re indirecte (\u00ab\u00a0je ne sers plus \u00e0 rien\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0j&rsquo;aimerais partir\u00a0\u00bb), doit \u00eatre pris au s\u00e9rieux et donner lieu \u00e0 une \u00e9valuation m\u00e9dicale urgente.\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">4. Comment se soigner ? Les approches th\u00e9rapeutiques<\/h1>\n\n\n\n<p>La bonne nouvelle est que la d\u00e9pression de la personne \u00e2g\u00e9e r\u00e9pond bien aux traitements. Avec une prise en charge adapt\u00e9e, la grande majorit\u00e9 des patients voient leur \u00e9tat s&rsquo;am\u00e9liorer significativement. L&rsquo;objectif est toujours double : soulager les sympt\u00f4mes et pr\u00e9venir les rechutes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La consultation m\u00e9dicale : premi\u00e8re \u00e9tape indispensable<\/h3>\n\n\n\n<p>Toute suspicion de d\u00e9pression doit conduire \u00e0 consulter un m\u00e9decin \u2014 g\u00e9n\u00e9raliste ou g\u00e9riatre dans un premier temps. Ce dernier proc\u00e9dera \u00e0 un bilan complet pour \u00e9liminer d&rsquo;\u00e9ventuelles causes organiques (hypothyro\u00efdie, carence en vitamine B12, an\u00e9mie, etc.), r\u00e9viser les traitements en cours pouvant aggraver l&rsquo;humeur, et \u00e9valuer la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du tableau clinique \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;\u00e9chelles valid\u00e9es comme la Geriatric Depression Scale (GDS).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les traitements m\u00e9dicamenteux<\/h3>\n\n\n\n<p>Lorsqu&rsquo;une d\u00e9pression d&rsquo;intensit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 s\u00e9v\u00e8re est diagnostiqu\u00e9e, un traitement antid\u00e9presseur est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9. Les inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS), comme la sertraline ou l&rsquo;escitalopram, sont les plus utilis\u00e9s chez la personne \u00e2g\u00e9e en raison de leur profil de tol\u00e9rance favorable.<\/p>\n\n\n\n<p>Attention cependant : les effets th\u00e9rapeutiques d&rsquo;un antid\u00e9presseur ne se font pas sentir imm\u00e9diatement. Il faut g\u00e9n\u00e9ralement attendre deux \u00e0 six semaines avant d&rsquo;observer une am\u00e9lioration. La patience est de rigueur, et l&rsquo;arr\u00eat pr\u00e9matur\u00e9 du traitement est l&rsquo;une des principales causes de rechute.<\/p>\n\n\n\n<p>La prescription doit \u00eatre soigneusement adapt\u00e9e \u00e0 la physiologie du patient \u00e2g\u00e9, qui m\u00e9tabolise les m\u00e9dicaments diff\u00e9remment : les dosages sont souvent inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux utilis\u00e9s chez l&rsquo;adulte jeune.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La psychoth\u00e9rapie<\/h3>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue, les personnes \u00e2g\u00e9es b\u00e9n\u00e9ficient tout autant des psychoth\u00e9rapies que les plus jeunes. La th\u00e9rapie cognitive et comportementale (TCC) a d\u00e9montr\u00e9 son efficacit\u00e9 dans la d\u00e9pression du sujet \u00e2g\u00e9. Elle permet d&rsquo;identifier et de modifier les pens\u00e9es n\u00e9gatives automatiques, et d&rsquo;adopter des comportements plus adapt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres approches peuvent \u00e9galement \u00eatre propos\u00e9es selon les cas : la th\u00e9rapie de r\u00e9solution de probl\u00e8mes, la th\u00e9rapie de reminiscence (qui aide la personne \u00e0 revisiter et \u00e0 valoriser son histoire de vie), ou encore la th\u00e9rapie interpersonnelle, centr\u00e9e sur les deuils et les transitions de r\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;id\u00e9al est souvent une combinaison antid\u00e9presseur + psychoth\u00e9rapie, qui s&rsquo;av\u00e8re plus efficace que chacune des deux modalit\u00e9s prises s\u00e9par\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les interventions non m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n\n\n\n<p>En compl\u00e9ment des traitements conventionnels, plusieurs interventions ont prouv\u00e9 leur efficacit\u00e9 pour am\u00e9liorer l&rsquo;humeur et la qualit\u00e9 de vie des personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9prim\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>L&rsquo;activit\u00e9 physique adapt\u00e9e : m\u00eame mod\u00e9r\u00e9e, elle stimule la production d&rsquo;endorphines et am\u00e9liore significativement l&rsquo;humeur. Des programmes de marche ou de gym douce adapt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge et aux capacit\u00e9s de la personne sont recommand\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li>La luminoth\u00e9rapie : l&rsquo;exposition quotidienne \u00e0 une lumi\u00e8re intense le matin peut \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique, notamment en cas de composante saisonni\u00e8re ou chez des personnes peu expos\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re naturelle (r\u00e9sidents en institution).<\/li>\n\n\n\n<li>La stimulation sociale : le maintien ou la reprise d&rsquo;activit\u00e9s collectives, d&rsquo;associations, de clubs ou de b\u00e9n\u00e9volat joue un r\u00f4le essentiel dans la lutte contre l&rsquo;isolement.<\/li>\n\n\n\n<li>Les activit\u00e9s cr\u00e9atrices et culturelles : musique, peinture, jardinage, lecture \u2014 ces activit\u00e9s stimulent le cerveau, procurent du plaisir et renforcent le sentiment d&rsquo;utilit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le r\u00f4le crucial de l&rsquo;entourage<\/h3>\n\n\n\n<p>La famille et les proches jouent un r\u00f4le irrempla\u00e7able. \u00catre \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute sans minimiser la souffrance (\u00ab\u00a0t&rsquo;as l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;\u00eatre triste\u00a0\u00bb), encourager la personne \u00e0 consulter, l&rsquo;accompagner aux rendez-vous m\u00e9dicaux, maintenir un lien r\u00e9gulier et chaleureux : ces gestes simples ont un impact consid\u00e9rable sur l&rsquo;\u00e9volution de la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient toutefois d&rsquo;\u00e9viter de tomber dans la surprotection, qui peut renforcer le sentiment d&rsquo;incapacit\u00e9 de la personne. L&rsquo;objectif est de l&rsquo;accompagner dans son autonomie, non de se substituer \u00e0 elle.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Conclusion : briser le silence, changer le regard<\/h1>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pression chez la personne \u00e2g\u00e9e est une r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9dicale s\u00e9rieuse, mais trop longtemps rest\u00e9e dans l&rsquo;ombre. Elle n&rsquo;est ni une fatalit\u00e9 du grand \u00e2ge, ni un signe de faiblesse. C&rsquo;est une maladie qui m\u00e9rite la m\u00eame attention, la m\u00eame bienveillance et le m\u00eame engagement th\u00e9rapeutique que n&rsquo;importe quelle autre pathologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier pas vers la gu\u00e9rison est souvent le plus difficile : celui de reconna\u00eetre que quelque chose ne va pas, et d&rsquo;oser en parler. Aux personnes \u00e2g\u00e9es elles-m\u00eames, \u00e0 leurs proches, et aux professionnels de sant\u00e9, il appartient collectivement de lever le tabou, de tendre l&rsquo;oreille et de proposer les soins adapt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Car oui, m\u00eame apr\u00e8s 70, 80 ou 90 ans, il est possible d&rsquo;aller mieux. Et c&rsquo;est ce qui compte.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comprendre, reconna\u00eetre et agir La d\u00e9pression est souvent d\u00e9crite comme le \u00ab mal du si\u00e8cle \u00bb. Pourtant, lorsqu&rsquo;elle touche les personnes \u00e2g\u00e9es, elle reste trop souvent invisible, banalis\u00e9e ou confondue avec le simple vieillissement. Ce trouble psychiatrique grave affecte pourtant entre 15 % et 25 % des personnes de plus de 65 ans, et jusqu&rsquo;\u00e0 &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/la-depression-chez-les-personnes-agees\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">La d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/span> Read More &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":71,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":""},"categories":[8],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2257,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70\/revisions\/2257"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/71"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.orvimed.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}